La Thaïlande, l'ancien royaume du Siam, demeure, en effet, l'un des rares pays asiatiques qui n'a jamais subi de colonisation occidentale.
Ce faisant, l'étranger, le " farang ", y est considéré avec bienveillance et ce terme ne possède aucune connotation péjorative.Ce qui est loin d'être le cas par exemple pour le " Kwaïlo ou Gui Lo "(type fantoche) en Chine.
Lorsque l'on accepte de bon coeur l'étranger, on accepte également ses coutumes et sa cuisine.
Depuis des siècles la cuisine Thaï est un creuset où se sont mélangées les influences des diverses cultures de l'Asie du Sud Est...Siamoise, Khmère, Môn, Malaise, Indonésienne, Vietnamienne...et extrême-orientale provenant de la Chine, du Japon.
Sans oublier une très forte implantation des traditions bouddhistes issues de l'Inde.
Devenue l'une des premières destinations touristiques au monde, toujours suivant ce principe d'accueil, la Thaïlande s'est également adaptée à d'autres cultures en quelques décennies.
Chacun y retrouve son compte et, du plus grand hôtel international jusqu'à la plus minuscule gargote on trouve un éventail invraisemblable de tout ce qu'il est possible d'imaginer en fait de nourriture.
On y mange mieux Suisse qu'à Lausanne, Australien qu'à Sydney, Chinois qu'à Pékin, Japonais qu'à Tokyo...et parfois Français qu'à Paris.
On y mange même thaïlandais avec de multiples nuances.
Cela va du dîner spectacle très adapté de Rose Garden pour le palais du touriste du Middle West jusqu'aux spécialités campagnardes vendues, à la sauvette, par des marchands ambulants aux alentours des marchés de Thonburi.
Lorsqu'elle n'est pas édulcorée la cuisine thaïlandaise est exceptionnellement inventive, parfumée et explosive.
Elle se caractérise par l'utilisation intensive de plantes aromatiques, de condiments et d'épices et, surtout, de piment.
Ce dernier, qualifié euphémiquement de " poivre " (Prik), est sans aucune commune mesure avec ce qui se fait ailleurs dans ce domaine.
Les Thaï en distinguent plusieurs variétés en commençant par la bombe atomique du genre le " Prik kee nu lueng ", minuscule et de couleur verte, suivi par le " Prik kee nu " qui, en dépit de sa teinte jaune-orange pastel ne lui envie rien.
Suivent le Prik chee fah et le Prik yuak qui, bien que considérés comme " mild " vous paralysent en un instant.
Le fameux Prik Thai, équivalent du " piment-oiseau " de la Martinique, tant redouté par les étrangers, correspond à la qualité la plus douce.
Ce qui est donc considéré comme immangeable par un amateur de harissa est, pour un Thaï à peine épicé.
On comprend donc que la majorité des cuisiniers et des restaurateurs, particulièrement en Occident, aient du adapter quelque peu leurs habitudes à des non-habitués.
Sur place, il existe, par contre, une certitude...aucune amibe , aucun parasite ne résiste à ce traitement de choc.
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